Les Martinanches apportent une douceur qui surprend et séduit. Niché au fond d’un vallon dans un parc et entouré de douves, le château du XIème siècle fut principalement remanié au XVème, puis au XVIIIème siècle.
Il fut construit en 1070 par une grande famille d'origine aveyronnaise, la famille des COMPTOUR d'APCHON. Il a été édifié sur l'ancienne voie romaine qui allait du Puy jusqu'à Clermont-Ferrand. Pendant l'occupation romaine, le site abritait une station d'octroi. Le guerrier romain chargé de faire payer cet octroi s'appelait Martinus, d'où le nom de "Martinanches" par la suite.
Le château du XIème était un véritable château-fort ; en effet, il servait de dépôt d'armes pour les fiefs de Boissonnelle, Montboissier et Mauzun. Il est situé dans une dépression ce qui le rend invisible : c'était donc un emplacement idéal.
L'architecture du château était à l'époque toute autre : il était protégé par deux ceintures de douves ( l'une a été comblée au XVIIIème car elle n'avait plus d'utilité); l'accés au château se faisait par le pont-levis (qui est aujourd'hui fixe); lechâteau était entièrement entouré de murs crénelés qui tombaient à pic sur les douves avec un porche d'entrée qui renfermé l'assommoir ; enfin, il était composé de trois tours et d'un donjon (aujourd'hui, il possède cinq tours et une aile secondaire).
Le château a surtout été remanié à la fin du XVème siècle lorsque la famille Comptour d'Apchon s'est installée en Auvergne , il a alors pris son rôle de "Demeure Seigneuriale" :
- façade typiquement XVIéme avec ses ouvertures à meneaux donnant sur le "miroir d'eau".
- construction de la tour hexagonale contenant l'escalier à volutes magnifique permettant d'accéder aux chambres "Sophie" et "Camille".
Puis, il a été transmis de famille en famille (Oradour , Chenérailles...) pour finalement appartenir à la famille de Riberolles en 1742. Cette famille a fait édifier l'aile secondaire pour loger ses 23 enfants.
Les martinanches appartiennent toujours aux descendants de cette famille, Claire de Riberolles s'étant mariée à Charles-Amable de Cadier de Veauce en 1892.
Leur arrière-petit-fils en est l'actuel propriétaire.
Au 11ème siècle, le corps du château n'avait d'autre ouverture que de toutes petites fenêtres. Des fenêtres plus larges ont été percées fin 15ème, début 16ème quand la forteresse a été transformée en demeure seigneuriale. Les grandes fenêtres, elles, ont été percées au début du 20ème.
De plus, au 11ème siècle, les toits étaient recouverts de dalles de pierre. Au 15ème, on a enlevé les moyens de défense du château, et les toitures, pointues comme celle du donjon, furent recouvertes de tuiles. A la Révolution, les révolutionnaires y mirent le feu pensant que le château brûlerait entièrement. Heureusement, le grenier était recouvert de tomettes qui ont empêché le feu de se propager. Les toitures furent alors reconstruites mais le coût de reconstruction ne permit pas de les reconstruire toutes en poivrière (seul le donjon a été reconstruit à l'identique).
Au 16ème siècle, les propriétaires souhaitant avoir une ouverture sur les douves ont détruit le bâtiment qui se trouvait face à la façade Ouest du château. Une tour fut construite pour permettre une entrée de plein pied (avant le 16ème siècle, les propriétaires étaient obligés de rentrer par les caves, de monter au rez-de-chaussée par un escalier creusé dans la pierre, et ils accédaient au premier et au deuxième étages par des échelles qu'ils hissaient après leur passage, sécurité en cas d'attaque). Elle permit également d'accéder aux étages grâce à l'escalier à volutes construit en pierres de Volvic. Cet escalier, très particulier, n'a pas de pilier central ; il a été construit en même temps que la tour et chaque marche est enchâssée dans les murs (seul un pilier se trouvant dans les caves soutient l'escalier). Dans le même temps, des ouvertures ont été percées sur la façade. A l'origine, les fenêtres possédaient des meneaux mais, en 1793, lorsqu'il fallut payer l'impôt sur les ouvertures, ceux-ci furent enlevés pour ne payer qu'un impôt au lieu de 4... et des ouvertures de fenêtres furent également bouchées !
L'aile droite du château a été construite en 1766 ; elle renferme la grande salle à manger aux 23 chaises (une dame de RIBEROLLES ayant eut 23 enfants, chacun d'eux avait sa chaise avec un motif différent) et la grande cuisine.
Au-dessus de la porte d'entrée on peut voir les armoiries des COMPTOUR d'APCHON, taillées dans la piere de Volvic. Elles avaient été effacées à la Révolution mais les RIBEROLLES, par reconnaissance, les ont fait reproduire. Elles représentent 3 têtes de bélier surmontées d'un heaume.
La façade Nord est celle qui a le plus conservé l'aspect de château-fort. On y voit l'entrée du 11ème siècle avec une meurtrière de chaque côté.
Les douves ont une profondeur de 2,80 à 3,50 mètres. Elles sont alimentées par un ruisseau et par des drains (ceci permettait qu'en cas de siège elles soient toujours en eau).